Test de l'imprimante 3D SLA : La Orange 30 de Longer
Longer, fabricant chinois d'imprimantes 3D s'est fait connaître au travers de la marque Alfawise de Gearbest, en fournissant des machines en marque blanche. Une de ces machines, la U30 a été testée ici-même avec un avis plus que favorable. La société propose aussi des imprimantes SLA, de type résine depuis quelques temps et a décidé récemment de proposer ses machines en direct et ne plus passer par des sociétés comme GearBest.
Longer propose deux machines "low-cost", la Orange 30 et la Orange 10 au look similaire, avec toutefois des différences à prendre en compte, comme expliqué ci-après. GearBest propose ces mêmes machines, mais sous les références W20 et W10 respectivement.
Durant ce test, focalisé sur la Orange 30, vous allez pouvoir découvrir le fonctionnement de cette machine qui propose une très bonne qualité d'impression et ce pour un prix attractif, placé sous la barre des 300 EUR.
Acheter la Orange 30
Vous pouvez trouver la Orange 30 de Longer au sein de nombreuses boutiques telles que Amazon, AliExpress, mais aussi via des revendeurs français tels que Compozan. Passer par un revendeur peut vous coûter un peu plus cher, mais vous apportera un SAV local et en français.
Longer fait de façon assez régulière des promotions, attention à bien regarder sur les plateformes de vente si des coupons ne sont pas proposés sur les pages (Amazon et AliExpress)
Article/contenu sponsorisé ? Pour effectuer ce test, Longer m'a envoyé l'imprimante 3D, mais le partenariat s'arrête ici. Le contenu de la vidéo ainsi que celui de l'article associé correspondent à mon avis personnel. Longer n'a influencé en rien le test de cette machine.
Le test vidéo
Spécifications techniques
La Orange 30 est une imprimante 3D MSLA, pour Masked-SLA, basée sur le processus de stéréolithographie, qui consiste à solidifier de la résine liquide via une source UV filtrée par un écran LCD. Ce dernier laissera passer la lumière ou non, permettant la création de couches précises, l'une après l'autre pour créer l'objet 3D.
Cette imprimante propose un système de réseau de LEDs UV permettant une diffusion homogène de la lumière sur toute la surface d'impression, contrairement à certaines imprimantes (comme la Elegoo Mars) qui sont basées sur 4 LEDs centrales, puissantes, mais ne permettant pas une diffusion homogène de la lumière.
Voici les principales caractéristiques :
- Volume de 120 x 68 x 170mm. C'est un peu plus grand que certaines imprimantes concurrentes.
- Rail linéaire sur l'axe vertical qui est plutôt table. Toutefois un double rail aurait été mieux.
- Réseau de LEDs UV d'une puissance de 72 watts. C'est plus que la concurrence, qui est souvent aux environs de 40-50 Watts. Cela permet de réduire un peu les temps d'exposition et donc d'imprimer plus vite.
- Vitesse d'impression de 30mm par heure. Cela reste très théorique, en fonction de la résine et de la résolution.
- Plateforme d'impression avec un micro-grain pour faciliter l'adhésion de l'impression, avec le dos incliné pour faciliter l'écoulement de la résine.
- Réglage de la plateforme d'impression par 4 vis, assez simple.
- Ecran tactile couleur. L'interface est simple et marche plutôt bien.
- Bac avec un film FEP au fond. Assez facile à changer et système de tension du film très efficace.
- Connection par clé USB
- Construction tout métal, plutôt lourde (donc stable), capot anti-UV acrylique à monter soi-même.
- Plusieurs accessoires fournis : clé USB, film FEP d'avance, spatule, masque, gants, bouteille de résine de 250 mL, etc.
Le contenu du kit, assez complet.
Les différences entre la Orange 30 et la Orange 10 (et Alfawise W20/W10)
Avant toute chose, sachez que les spécifications de la Orange 30 et l'Alfawise U20 sont identiques, tout comme la Orange 10 et l'Alfawise U10.
Sans rentrer dans des détails à outrance, il faut garder en tête trois points principaux entre les deux machines : le volume d'impression, la résolution et le prix.
Pour le volume d'impression, on passe de 120x68x170mm à 98x55x140. Il faut savoir que déjà, la Orange 30, le volume est honorable, mais dans bien des cas, vous allez vous sentir à l'étroit alors qu'elle est déjà un peu plus grande que les concurrents. Donc passer à plus petit, surtout les 55mm de profondeur, c'est vraiment petit.
Pour la résolution, la verticale reste la même, par contre, la résolution horizontale (celle des pixels de l'écran), passe de 47 microns à 115 microns, ce qui est plus du double. L'écran de la Orange 30 est d'une résolution de 2560x1440 alors que celui de la Orange 10 n'est que de 854x480... Donc attention à la perte de qualité pour les détails de vos modèles.
Enfin le Prix. Modulo les promotions et autres, on peut trouver la Orange 30 à 259 EUR et la Orange 10 à 189 EUR.
Donc au vu des différences techniques, surtout supérieures pour la Orange 30 et une différence de prix assez faible entre les deux machines, je conseille plutôt de prendre la Orange 30.
A l'usage
La Orange 30 est une machine que j'utilise depuis maintenant quelques mois, en fait, depuis sa sortie et j'ai eu un des premiers modèles. Il m'a fallu un peu de temps au début pour trouver les paramètres d'exposition de résine, ce qui est toujours spécifique à chaque imprimante SLA, mais j'avoue bien aimer cette machine qui produit des impressions de très bonne qualité. En fait, je trouve que la qualité se rapproche furieusement de certaines machines professionnelles, la différence se faisant surtout au niveau du volume d'impression plus faible (sans mentionner le SAV, support, écosystème.
La machine est assez discrète à l'usage, son ventilateur est assez gros pour ne pas faire trop de bruit, toutefois, on l'entend, mais rien de dérangeant. Ensuite, le déplacement de l'axe vertical est vraiment silencieux et progressif. C'est une machine que l'on oublie assez rapidement, ce qui est pour moi un gros plus.
Sans être un expert de l'électronique, il semble que les choix de Longer au niveau de la carte mère soit vraiment qualitatif, dixit des personnes qui s'y connaissent bien en imprimante 3D. D'ailleurs, la machine est assez bien pensée pour changer facilement l'écran LCD, qui je le rappelle, est un consommable (et oui, il s'use vite dans le cas d'un usage impression 3D).
Le bac de résine, bien que classique au premier coup d'œil, est assez bien fait, surtout au niveau du film FEP situé au fond qui se change assez facilement, sans trop de risque de se tromper sur la tension du film.
La plateforme d'impression est quant à elle vraiment bien faite, autant pour la mise à niveau que pour son petit grain qui fiabilise l'adhésion des impressions et son dos incliné pour éviter les bavures de résine quand on l'enlève de la colonne verticale.
Notez la finesse d'impression, car même les petites griffes sont bien présentes.
Cependant, elle n'est pas exempte d'améliorations ou de petits défauts, certes mineurs. Tout d'abord, le capot de protection. C'est pour moi le seul petit point noir, car il n'est vraiment pas pratique à assembler et est assez instable. Comme vous avez pu le voir dans la vidéo, je l'ai scotché et lài, plus de problèmes. Mais son autre défaut est que l'on doit le soulever intégralement et le poser à côté de la machine, une trappe aurait été plus pratique... mais au prix de la machine, ce choix de Longer est assez compréhensif.
Ensuite son écran tactile est assez peu sensible, surtout quand on compare le toucher à celui d'un téléphone portable, on sent la différence. Ce point pourrait être un peu améliorer.
Enfin, son vrai point noir, bien que contournable (et même recommandé...) est le logiciel de gestion d'impression, LongerWare qui est bien trop limité : gestion des supports très lente et bien trop limitée, impossible de sauvegarder son travail et j'en passe (en revanche, j'aime bien le shader appliqué aux modèles 3D !). On passera alors par une solution tierce comme Lychee que je conseille ou Chitubox pour faire la préparation du modèle avec les supports, avant de revenir dans LongerWare pour juste effectuer le slicing, rentrer les paramètres de résine et sauvegarder le fichier.
Les résines
La résine grise d'iFun rend vraiment bien et me rappelle beaucoup la résine grise de Formlabs (à 169 EUR le litre). Il est dommage que mes paramètres d'exposition n'étaient pas bons car l'état de surface est ici impeccable, pour cette impression en 25 microns par couche.
Ci-dessous, Nefertiti en sortie d'imprimante, sans post traitement. Le modèle est imprimé en 50 micron, notez l'absence de layers visibles.
La Orange 30 est livrée avec un échantillon de 250 mL de résine, suffisant pour lancer ses premières impressions. Cette résine est honorable, bien que j'ai eu dans certains cas des craquelures à certains endroits. C'est un peu le défaut des résines low-cost. Il existe maintenant beaucoup de marques de résine low-cost qui ne se valent pas toutes, mais qui vont rester assez honorables pour un usage classique, tant que l'on n'essaye pas de pousser leurs limites.
Dans le cadre du test de la Orange 30, j'ai eu l'occasion de tester les résines de chez iFun. Elles ont la particularité de ne pas être des époxys, mais des résines polyuréthanes qui minimisent le retrait lors de la polymérisation. Ces résines sont un peu plus chères que les résines d'entrée de gamme, mais offrent des propriétés intéressantes. J'ai beaucoup aimé la résine grise qui est très propre et ne laisse pas voir les couches, ce qui est assez idéal pour la figurine.
Leurs résines colorées sont pour un usage plus spécifique, bien que dans certains cas précis, elles peuvent être utiles, comme par exemple jouer sur la transparence et l'épaisseur pour certains types d'objets. Il y a aussi la résine transparente qui semble être vraiment transparente et qui surtout, ne semble pas tirer sur le jaune, mais je n'ai pas eu l'occasion de la tester.
En tout cas, gardez en tête que vos impressions peuvent varier en fonction de la résine choisie et aussi des valeurs d'exposition, comme vous pouvez le voir ci-dessous : résine sous exposé veut dire problèmes de supports et donc, impression probablement ratée.
La résine grise iFun, en sortie d'imprimante, sans post traitement. Le modèle est imprimé en 50 micron, notez l'absence de layers visibles.
Les achats complémentaires
Bien que l'imprimante soit livrée complète et prête à l'emploi, il vous faudra faire quelques achats complémentaires et ce rapidement :
- De la résine, iFun testée ici ou ou alors (FunToDo, Monocure, etc...).
- De l'alcool IPA, pour nettoyer vos impressions, mais aussi les outils, bacs et autres. Je commande par 20-30L !
- Du , qui est une alternative à l'IPA, qui marche plutôt bien et s'use beaucoup moins vite. Notez qu'il vous faut quand même de l'IPA pour nettoyer outils et imprimante et je passe toujours un coup rapide d'IPA après le rinçage du ResinAway.
- Des gants en nitrile. Indispensables, et on en consomme beaucoup. Protégez-vous de la résine liquide, qui peut provoquer des réactions allergiques.
Conclusion
Cette imprimante Orange 30 de Longer a été une très bonne surprise. Ce n'est pas ma première imprimante low cost SLA et elle reste une de mes préférées. Elle allie une qualité d'impression vraiment très bonne avec un prix plancher. C'est une imprimante que je conseille vivement à celles et ceux qui veulent se lancer dans l'impression résine, en prenant un risque vraiment minime en ce qui concerne le prix. Bien qu'elle ait quelques défauts, ils sont vraiment mineurs et sont gommés par les nombreux avantages de cette machine.
Et quid de la concurrence ? Difficile de répondre car le marché de l'impression 3D, y compris SLA, est en constante évolution avec des machines low-cost qui arrivent sur le marché très (trop ?) régulièrement. A l'heure de l'écriture de ces lignes, la Orange 30 reste probablement un des meilleurs choix que vous puissiez faire.
Les Plus
- Une très bonne qualité d'impression et ce même en 50 microns.
- Un axe Z stable malgré la présence d'un seul rail linéaire.
- Une imprimante assez puissante et avec un réseau de LED pour une lumière uniforme.
- Machine assez robuste, lourde, stable... et relativement silencieuse.
- Un connecteur USB (je déteste les ports micro SD)
- Une plateforme d'impression vraiment bien
- Un bac avec un système pour changer le film FEP bien pensé.
- Le changement de l'écran LCD (si nécessaire) et facile.
- Le prix !
Les Moins
- Le logiciel, LongerWare qui est cantonné qu'au slicing et export du fichier à imprimer, nécessitant des alternatives logicielles.
- Le capot est difficile à monter et peu stable, à revoir. Après, au vu du prix de la machine...
- Écran tactile un peu dur/peu sensible.
- La clé USB qui a "cramé" dans mon PC...
La galerie
En fait, non, car une fois la couche d’apprêt appliquée, on peut constater des craquelures sur la poitrine.
Le modèle, brut d’impression, on peut voir les marques de support au niveau du dos. Modèle par EOF / Eugène Fokin
Notez sur les bras, les pixels de l’écran visible. Certes, en très gros plan, peu visible à l’œil nu. Modèle par EOF / Eugène Fokin
Le modèle sort plutôt propre bien qu’un peu de ponçage soit peut-être nécessaire. Peu de supports ont été placés, rendant l’impression peu stable. Modèle par EOF / Eugène Fokin
On peut voir de profile les quelques décalages de couche, mais c’est très léger. Modèle par EOF / Eugène Fokin
La sous-couche n’est pas très bien appliquée, mais les veines de la main sont bien reproduites. Modèle par EOF / Eugène Fokin
Notez, sur la flèche bleue, la ligne assez marquée. Ce n’est pas lié à l’imprimante, mais au manque de supports au niveau de l’arrière de la toque (flèche orange)
Les marques de supports visibles. Il faudra obligatoirement poncer. C’est pour ça que j’essaye toujours de minimiser le nombre de supports.
Le modèle avec une couche d’apprêt. Rien de mieux pour révéler les défauts. Attention, la photo est plus grande que l’original, donc les défauts sont plus visibles qu’en vrai.
La ligne est encore plus visible une fois la sous-couche appliquée. Pourtant elle n’est pas si profonde.
La pierre transparente sur son socle, lui aussi en résine bleue, mais avec une sous-couche appliquée dessus
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Bonjour,
Tout d’abord merci pour ton test!
Je poste ici, mon intervention sur lesimprimantes3d.fr à cas où tu la verrais mieux ici.
Débutant en impression 3D, j’ai reçu pour noël une Longer30 (ton test à participé à mon choix,, merci à toi!).
J’ai quelques questions, puisque tu as utilisé différentes résines. J’ai acheté de la résine d’anycubic (ECO clear) et j’aimerai l’utiliser avec la longer30. Pour le moment, je me sers encore de Longerware, mais en prenant mes marques, je passerai sans doute à Chitubox ou Lychi.
Mes questions:
1) Comment à partir des infos des fabricants de résines changer les paramètres des slicers?
2) Je pense avoir pigé le fonctionnement des imprimantes SLA, mais comment ne pas tout polymériser avec une résine transparente? C’est lier à une focalisation très étroite?
Merci d’avance!