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Test de l'imprimante 3D (M)SLA : Photon S d'Anycubic

L'impression 3D en résine a toujours été la technique que je préfère, et de loin, en particulier pour la restitution des détails fins. En tant que modeleur et sculpteur 3D, seule l'impression SLA permet de produire les détails que je sculpte sur mes modèles 3D et en particulier les figurines. Anycubic fut une des premières marques à proposer une machine "abordable" en comparaison des autres machines, lors de la sortie de la Photon première du nom.

Nous avons maintenant le modèle "S", amélioré par rapport à l'original, avec un nouveau système d'éclairage UV et un axe en Z plus stable. Nous allons voir dans ce test si la qualité d'impression est au rendez-vous et si les améliorations apportées justifient la mise à jour.

Anycubic m'a envoyé cette imprimante pour en effectuer le test, sans aucune contrepartie financière. Comme tous mes tests, je vous donne mon avis sincère, basé sur -mon- expérience. Si vous suivez mes tests, vous savez que je n'hésite pas à dire si une machine est mauvaise.

Acheter la Photon S

Vous pouvez commander la Photon S directement dans la boutique Aliexpress d'Anycubic, avec des machines très souvent en dépôt en France ou au pire en Europe. Un conseil, prenez un pack avec 1 ou 2L de résine en plus, en général le prix est plus intéressant.

Le test vidéo

Les achats : imprimante et accessoires

Bien que de nombreux accessoires soient livrés avec l'imprimante, il vous faudra faire quelques achats complémentaires, certains optionnels, d'autres vivement recommandés ou simplement obligatoires (produits nettoyants) :

 

Clarification : SLA, MSLA, DLP

Petit point vocabulaire pour les irréductibles qui passent leur temps à me corriger en commentaires ou sur les médias sociaux : la Photon S -est- une imprimante SLA. SLA veut dire “StereoLithography Apparatus”, le “L” n’est pas pour “Laser”. Toutes les imprimantes 3D à base de résine photosensible à une source lumineuse sont des imprimantes SLA. Toutefois il y a des sous-catégories :

 

  • Laser, qui reste dans la catégorie générale “SLA”, sûrement à cause de la lettre “L” et d’un marketeux (dit le gars qui fait du marketing…) qui a un jour écrit un article sans trop savoir sur le SLA vs DLP chez un grand fabricant puis repris partout ensuite...
  • DLP, qui correspond aux imprimantes utilisant un projecteur, souvent de type DLP pour la projection de l’image. Une petite entorse quand même car DLP veut simplement dire “Digital Light Processing” ce qui pourrait en théorie s’appliquer à tout traitement de lumière numérique.
  • MSLA pour Mask SLA et les imprimantes 3D utilisant un écran pour afficher ou non une image en noir et blanc qui va filtrer le passage des UVs, créant ainsi une masque, d'où le “M”SLA. La Photon S, tout comme la Photon et l’écrasante majorité des autres imprimantes Low-Cost sont des MSLA.

La Photon S, en détails

La Photon S de Anycubic propose un volume d'impression de 11,5 x 6.5 x 16.5 cm, ce qui convient à la majorité des utilisateurs ayant besoin d'impression de "petites" tailles comme des figurines, minis, bijouterie et petites pièces mécaniques. Pour des impressions plus grandes, la découpe sera obligatoire, ce qui est en général recommandé pour limiter les besoins de supports d’impression.

Comme toutes les imprimantes 3D MSLA, la Photon S a besoin de résine liquide pour ses impressions. Elle accepte toutes les résines compatibles avec les UVs de 405 nm ce qui couvre une très large gamme de marques et types, y compris les non-officielles comme les plus haut de gamme telles que Monocure, iFun, etc.

Pour préparer vos fichiers, vous aurez besoin d'un logiciel dédié, un slicer pour imprimantes SLA. Et celui de la Photon S, proposé avec l'imprimante est très limité pour un travail efficace. Il faudra se rabattre alors sur une autre solution comme Lychee Silcer de Mango (note : je travaille pour Mango).

En terme d'information technique, la Photon S propose une résolution horizontale (en vue de dessus) de 47 microns, dans les standards des machines similaires et une résolution verticale variable allant de 20 à 100 microns (les valeurs les plus classiques). Elle est autonome, c'est à dire que les fichiers slicés sont transférés par une clé USB et ne nécessite pas un ordinateur pour fonctionner.

La manipulation des fichiers et la configuration s'effectue via un écran tactile couleur, plutôt petit, mais qui propose les contrôles nécessaires pour opérer la machine sans trop de difficulté. Les menus sont en anglais mais les anglophobes devraient s'y retrouver.

En terme de construction intérieure, tout est en métal, très robuste, bien fini avec un bac bien construit lui aussi tout métal et la plateforme d'impression est bien pensée avec un réglage du plateau par une rotule assez malin, mais qui toutefois nécessite de faire attention avec un risque de dérèglement assez facile. La surface d’impression est micro texturée, ce qui fiabilise l’accroche des premières couches d’impression.

Enfin, elle propose un encombrement vraiment réduit ce qui fait qu'elle ne prend vraiment pas de place dans une pièce et l'ouverture se fait par un capot pivotant vers le haut ce qui est assez pratique. Autre point important, elle est -très- silencieuse ce qui est un élément très important pour moi, et elle est proposée avec deux filtres à charbon actif pour limiter les odeurs en fonctionnement.

Bien que son volume d'impression puisse être faible par rapport à d'autres modèles, et surtout aux imprimantes FDM, le volume de la Photon S permet d'imprimer de belles pièces et ce, sur tout le plateau.

Les charnières du capot avant permettent d'ouvrir ce dernier complètement, en prenant toutefois de la place sur l'arrière de la machine l'empêchant de la positionner proche d'un mur. Les charnières sont tout  en métal alors que le capot et le châssis extérieur est intégralement en plastique vraiment pas qualitatif, y compris pour une machine "low-cost".

Par contre, à l'opposé du châssis, l'intérieur est tout en métal et respire la qualité. Ici la plateforme d'impression avec derrière le système de déplacement vertical, très large et guidé par 4 rails tubulaires, résultant en des déplacements ultra-stables ce qui assure des impressions de grande qualité.

La Photon S est pilotée par un écran tactile couleur certes pas très grand, mais suffisant pour faire ce dont on attend de lui sachant qu'une fois le plateau calibré, les actions vont principalement se limiter à lancer une impression et valider sa fin.

Voici un test que j'aime bien effectuer, ce qui permet de voir si l'imprimante est précise avec des valeurs d'exposition standard, avec un support d'impression très (très) proche d'une surface. Il peut vite arriver que ce support soit en contact avec la surface adjacente et ici, tout est bien contrôlé. Autre point, l'aliasing, assez spécifique aux imprimantes MSLA avec leurs écrans LCD est ici peu visible, merci l'anti-aliasing qui estompe l'effet, mais ne le fait toutefois pas vraiment disparaître.

Toujours dans le domaine de la précision, on peut voir que sur ces petits crânes, les toutes petites cornes sont bien présentes. Notez leurs tailles par rapport aux empreintes digitales de mes doigts. Attention toutefois à l'impression de petits détails, ceux-ci ne doivent pas être trop long pour éviter de les casser lors des manipulations, surtout durant la phase de nettoyage.

Une fois l'impression 3D assemblée (buste, collier, crânes et les deux épaulettes), on obtient une figurine très détaillée et d’une taille tout à fait convenable. Ici une couche d'apprêt grise a été appliquée sur la résine verte, qui, il faut avouer, n'aide pas trop à voir les détails.
Note très personnelle : toujours appliquer une couche d'apprêt pour voir la vraie qualité d'impression d'une imprimante SLA !

Bien évidemment, vos supports vont laisser des marques sur vos impressions et ce de façon plus ou moins visible selon la taille de la pointe. Ici, ils ont été placé de façon à pouvoir être facilement poncés et ils ont été situés dans des zones où des petites imperfections ne poseront pas de problèmes.

Voici un exemple où l'on peut voir des défauts d'impression, certes très mineurs au vu de la taille de l'impression : on note des traces de crénelage (aliasing) à cause des pixels de l'écran. C'est très estompé avec l'option d'anti-crénelage (anti-aliasing) présente dans le Slicer, mais cela peut rester assez visible. La sous-couche estompe aussi pas mal l’effet.

Voici un autre exemple montrant la visibilité des couches, liée à la résolution verticale et non au crénelage de l'écran. Les couches sont bien visibles dès que l'on arrive sur les aplats. C'est un problème commun à toutes les imprimantes SLA et qui n'est pas spécifique à la Photon S. Cela peut être atténué en fonction de la résine, certaines sont plus sensibles que d'autres à ce phénomène. La résine verte est très brillante ce qui fait que ce défaut ressort plus facilement. Pour le gommer, on peut augmenter la résolution verticale mais un peu d'apprêt et du ponçage suffit à tout faire disparaître.

Cette fois-ci, un objet plus mécanique avec des grandes surfaces planes et quelques courbes légères. Ici aussi, la Photon S s'en sort plutôt bien, mais il m'a été nécessaire de poncer un peu car en fonction des angles, l'aliasing était un peu plus visible.

A l'arrière, les réacteurs latéraux ont été partiellement cassés. Ce n'est pas un défaut de l'imprimante car les impressions sont sorties sans ce défaut. C'est en manipulant l'impression lors du rinçage au ResinAway, que ces petites surfaces, trop fines, ont cassé. C'est en fait un défaut de conception du modèle qui présente, pour cette taille, des parois qui nécessitent plus d'épaisseur.

Conclusion

Anycubic a réussi à améliorer sa Photon avec ce nouveau modèle "S" et produire une machine qui imprime des modèles de grande qualité. En fait, je n'ai pas réussi à prendre cette imprimante 3D en défaut avec tous les modèles que j'ai pu lui injecter. Au rang des défauts, il sont vraiment limités et surtout, anecdotiques, ce qui fait de cette machine, un modèle idéal pour celles et ceux qui veulent se lancer dans l'impression 3D de précision ou alors veulent passer à une machine ayant une technologie plus récente.

Pour les possesseurs de Photon première du nom, si vous avez des bonnes impressions, la mise à jour n’est peut être pas nécessaire mais si vous voulez imprimer sur tout le plateau et/ou si vous avez des décalages de couches, alors n’hésitez pas !

Les Plus

  • Imprimante très abordable, à partir de 329 EUR TTC.
  • Impression 3D de grande qualité, sans défaut, y compris sur les bords du plateau.
  • Aucun décalage de couche, merci l'axe Z très stable.
  • Elle est silencieuse, vraiment silencieuse.
  • Le réglage de la rotule est aisé pour la mise à niveau.
  • Intérieur tout métal, y compris le bac d'impression.
  • Elle est compacte, et elle ne prend vraiment pas de place dans un bureau.
  • La porte, frontale, est bien mieux que certaines imprimantes avec un capot amovible.

Les Moins

  • Machine bien trop légère, elle est bancale lorsque l'on ouvre le capot...
  • Clé USB miteuse... (ras le bol du rédacteur...)
  • Écran tactile un peu petit.
  • Slicer par défaut perfectible, il est recommandé de passer à un autre logiciel.

Les Inconnues

  • La durée de vie de l’écran LCD (qui est un consommable), le mien tient toujours.
  • La facilité de remplacer cet écran LCD, plus ou moins facile selon les marques.
  • L’efficacité des filtres à charbon.